Lcol Bertrand:

Ça augmente par année le nombre de demandes d'assistance qu'on reçoit, donc on veut s'assurer de ne pas arriver à un point où est-ce qu'on va dire je ne suis plus capable.

Capt Orton:

Salut ici capitaine Adam Orton avec le Balado de l'Armée canadienne. Ces dernières années, les militaires ont été de plus en plus sollicités pour répondre à des opérations nationales, qu'il s'agit des pandémies, des feux de forêt, des inondations ou d'autres situations d'urgence. La lieutenante-colonelle Geneviève Bertrand du quartier général de l'Armée canadienne à Ottawa et l'ancienne commandante du Royal 22e Régiment, troisième bataillon, nous explique comment les opérations nationales sont préparées et comment les soldats sont envoyés sur le terrain.

Capt Orton:

Bonjour bienvenue au Balado!

Lcol Bertrand:

Merci ça fait plaisir d'être ici.

Capt Orton:

Si on considère l'équipement militaire, nos uniformes, notre entraînement, les véhicules blindés, c'est tout conçu pour le combat. On n'a pas besoin d'un véhicule blindé de 25 tonnes pour tu sais combattre des feux de forêt, Pourquoi est-ce que l'Armée est utilisée ou appelée à faire des opérations domestiques nationales?

Lcol Bertrand:

En fait, c'est une bonne question, puis c'est une question à plusieurs volets en fait pour la réponse. On est appelé parce que l'Armée ou les Forces Armées Canadiennes deviennent un petit peu la ressource de dernier secours. Donc ça veut dire qu'au niveau provincial, au niveau national, toutes les autres ressources ont été exploitées. Puis on se retrouve dans une situation où la demande et le besoin est encore là. Donc, on se retourne vers des troupes qui sont très bien entraînés, qui sont disciplinés, qui sont en excellente forme physique pour pouvoir supporter, puis aider la communauté locale où est-ce qu'il y a un événement qui se passe à ce moment-là.

Lcol Bertrand:

Au niveau de l'équipement, nos uniformes ou de l'équipement même blindé, on a encore aussi des équipements ou des véhicules qui ne sont pas nécessairement blindés, qui sont plus des transporteurs logistiques qui vont amener du matériel d'un endroit A jusqu'à un endroit B ou encore amener du personnel. Ceci étant dit, c'est sûr que nos véhicules blindés peuvent quand même fonctionner pour nos transporteurs de troupes pour amener des organisations ou des unités à une certaine location. Et le fait aussi qu'on a des véhicules qui sont pas mal tout terrain, ça aide dans les situations où est-ce qu'il y a eu une catastrophe naturelle, où est-ce que les routes ne sont peut-être pas aussi praticables avec un petit Honda Civic. Enfin que des fois, c'est une bonne chose d'avoir un véhicule blindé à sa disposition pour pouvoir amener les troupes d'un point A au point B, et puis pouvoir aider les communautés qui en ont besoin.

Capt Orton:

Et on entend souvent dire le commandant, le personnel c'est notre ressource la plus importante pour l'Armée en tout cas, puis certainement qu'on a une réserve de personnel assez imposante, donc c'est sûr que ça, ça aide pas mal.

Lcol Bertrand:

Absolument, puis c'est sûr qu'on a des soldats pour la plupart, surtout pour la force régulière qui sont payés 24 heures sur 24. On est prêt à répondre à toutes les éventualités. Au niveau de l'Armée canadienne on a toujours des unités d'intervention immédiates qui sont en état d'alerte continue au courant de l'année, puis les unités vont changer. Puis c'est justement pour répondre à ces événements un peu non planifiés et prompts qui vont arriver au niveau national. Donc nos troupes sont prêtes pour faire ça, puis sont rapidement déployables.

Capt Orton:

C'est sûr qu'un soldat ou un groupe de soldats ne peut pas juste poigner leur sac de sable, pitcher ça en arrière d'un camion, puis embarquer, puis aller supporter une urgence à quelque part. Comment est-ce que l'Armée s'implique dans des urgences nationales

Lcol Bertrand:

Donc qu'est-ce qui va arriver normalement, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'au niveau des urgences nationales, les provinces sont responsables de fournir leurs propres ressources et puis de répondre à l'urgence qui se passe sur leur propre territoire. Donc on va prendre des exemples très concrets parce qu'on les a vu arriver cet été, Feu de forêt en Colombie-Britannique par exemple, la Colombie-Britannique est responsable de regarder à l'intérieur avec son personnel de sécurité puis de dire ah, j'ai besoin de tant de pompiers, j'ai besoin de tant de personnel pour pouvoir évacuer telle ville, pour pouvoir faire telle chose. Jusqu'à un certain point, ils vont se regarder puis ils vont dire, je commence à manquer de monde ou ça va être beaucoup plus gros que qu'est-ce que je suis capable de soutenir. J'ai utilisé toutes mes ressources autant monétaires qu'en ressources humaines et puis là j'ai besoin de support autre. À ce moment-là qu'ils vont faire une demande au niveau national, au niveau du gouvernement, puis ils vont dire j'ai besoin d'aide pour remplir telle fonction.

Lcol Bertrand:

Ils vont nous demander un effet à accomplir. Donc est-ce que ça va être de de supporter les pompiers dans leur combat du feu pour des feux de forêt, est-ce que ça va être de supporter à l'évacuation d'une ville en quelque part, donc ils vont demander un effet, j'ai besoin d'évacuer telle ville, j'ai besoin des gens pour supporter ou pour suivre les pompiers et faire tel travail. Donc dans chaque province, on est des officiers de liaison qui sont là puis qui vont parler avec la province pour dire, voici ce que l'Armée on pourrait faire, voici quel genre de ressources que j'ai à ma disposition pour potentiellement vous aider. Cette demande-là, un coup qu'elle a été peaufinée, travaillée, envoyée au gouvernement pour dire voici la demande que j'ai au niveau de la Colombie-Britannique, j'ai besoin d'aide pour faire telle chose. Et puis c'est là que le gouvernement va se retourner puis va dire, oui, je suis capable de t'aider pendant les deux prochaines semaines.

Lcol Bertrand:

Donc c'est comme ça que les demandes vont arriver et à ce moment-là, nous on est actionné, on est mis en état d'activité pour répondre à la demande qui va arriver.

Capt Orton:

Quand une demande rentre, comment est-ce qu'on se prépare pour exécuter ces tâches-là? Est-ce que vous pouvez peut-être donner un exemple d'un urgence récente où on s'est impliqué? Qu'est ce qu'on fait, comment que l'engrenage fonctionne?

Lcol Bertrand:

Fait qu'il y a beaucoup beaucoup d'étapes, la première chose à comprendre, c'est qu'on a toujours des troupes qui sont sur un état d'alerte pour répondre à ces demandes-là ou à ces événements-là. Donc, à travers toute l'année, à travers toutes les divisions qu'on a, a des troupes qu'on appelle une unité d'intervention immédiate qui sont prêts à répondre. Donc en termes de mettre des gens sur un bon français en stand-by pour pouvoir répondre à la demande, ils sont déjà là. En fait nos troupes sont déjà prêtes. Ce qui va arriver par la suite, c'est en recevant la demande d'assistance, c'est là qu'on va commencer à la regarder, dire ok, il faut que je sois à telle date, il faut que ça commence.

Lcol Bertrand:

Donc, je dois déployer mes gens, je dois les envoyer, voici l'équipement qu'ils doivent avoir avec eux autres. Donc là, l'engrenage se met en place. Nos troupes sont déjà à un certain niveau de vie, enfin il y en a qui sont à quatre heures de vie, il y en a qui sont à douze heures et vingt-quatre heures. Donc l'équipement est prêt, les troupes sont prêtes, les familles sont prêtes aussi parce que ce que ça implique, c'est que nos troupes vont se déployer, puis ils ne vont probablement pas revenir à la maison tous les soirs pour pouvoir dormir dans leurs petits mouillettes. Donc ils vont partir, c'est comme un déploiement, mais sur le sol canadien.

Lcol Bertrand:

Donc un coup que ça s'est fait, on déploie les troupes. Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'un coup que nos troupes sont déployées puis qu'on a reçu la demande assistance, ils tombent sous le commandement du C0IC qui est le Commandement des opérations interarmées du Canada. Donc le C0IC est ensuite de faire l'emploi et la gestion de ces de ces troupes-là, dépendamment de la location où est-ce qu'il se trouve. Donc je vais vous donner un exemple très concret qui sort un peu de la boîte, car normalement, on utilise des troupes de la région pour répondre à la demande. Je me fie au feu qu'on a eu au Territoires du Nord-Ouest, donc plus précisément à Yellowknife .

Lcol Bertrand:

Normalement, c'est la zone de responsabilité, si je peux dire, de la troisième division canadienne qui est localisée à Edmonton. Pendant toute l'été par exemple, si vous vous souvenez, on a eu des feux de forêt en Colombie-Britannique, on a eu des feux de forêt en Alberta. Donc la gang, la troisième division a été pas mal sollicitée et était déjà sur une demande d'assistance quand la demande d'assistance des Territoires du Nord-Ouest est arrivée. Donc ce qu'on a fait au niveau de l'armée canadienne, c'est nous autres qui décident quelles troupes vont aller où. On s'est regardé, mais on a dit ok, quelle autre troupe qu'on pourrait utiliser parce que si je commence à utiliser encore des troubles de la troisième division, ils vont commencer à être fatigués.

Lcol Bertrand:

Donc c'est là qu'on a décidé de faire appel à la deuxième division qui avait des troupes encore une fois qui étaient prêts à répondre à leur zone d'opération. Puis on dit vos troupes sont prêtes, elles sont qualifiées, donc on va les déployer au Territoires du Nord-Ouest. Donc ça ce que ça fait, ça a causé un beau challenge, un beau défi de logistique. Parce que si on se souvient, la gang des Québec, il faut qu'on la déplace jusqu'au Territoires du Nord-Ouest. La situation là-bas n'était pas nécessairement favorable.

Lcol Bertrand:

Donc on a beaucoup utilisé la troisième division à Edmonton en termes de support logistique pour pouvoir amener le plus possible les ressources que les membres qui sont arrivés en avion seulement qu'avec leurs sacs sur le dos pour les supporter à Yellowknife . Donc ça, c'est un exemple de planification de choses qui va arriver. Je ne dis pas que ça s'est fait de beaucoup d'annicroche aussi, mais on a appris beaucoup de cette expérience-là que c'est faisable de le faire, c'est juste très complexe.

Capt Orton:

Ce n'est pas facile non plus se déplacer une coupe de mille kilomètres, on ne parle pas souvent de logistique parce que généralement ça ne se voit pas là, mais en arrière-plan des fois on n'a pas des chemins qui se rendent de point A à point B, on n'a pas l'équipement qu'on a besoin, on n'a pas de connexion internet, on n'a pas peu importe c'est quoi, donc il faut tout apporter ça par nous-mêmes, au travers des systèmes, peut-être que ce n'est pas super facile de d'un avion à un véhicule, à un train, à un autre. C'est vraiment, on sort de point A, à point B-C-D-E-F-G, puis il y a du monde qui font du travail à chaque point, donc ce n'est pas toujours lisse ou direct, ce n'est pas, on embarque tout à Québec, on embarque sur l'autobus, on y va, on est arrivé, c'est fait.

Lcol Bertrand:

Il y a beaucoup beaucoup de coordination, il y a beaucoup de gens qui travaillent pour faire ça, enfin vous l'avez bien expliqué, ça prend un autobus pour l'amener jusqu'à l'aéroport, là après ça ça prend l'avion, j'ai besoin de la air force ou de la force aérienne parce que moi je ne les contrôle pas les avions. Donc ça, il faut que ça soit de la coordination aussi qui est faite à travers les forces armées canadiennes au complet. Ce n'est pas juste une business de l'armée canadienne. C'est vraiment un effort de toutes les forces armées canadiennes. Par la suite, on arrive là-bas, même si c'était la troisième division, Edmonton jusqu'à Yolo Life, c'est vingt heures de route.

Lcol Bertrand:

Ça aussi, c'est quelque chose qu'il faut prendre en considération. Donc, c'est une grosse demande aussi de supporter les troupes qu'on a envoyés avec presque pas d'équipement pour pouvoir le faire fonctionner. Puis je pense qu'à Yellowknife , il y avait aussi un gros problème de communication parce qu'à cause des feux de forêt, bien tout ce qui était le système de télécommunications était complètement à terre à ce moment-là. Donc ça, ça a créé un autre défi intéressant pour les troupes.

Capt Orton:

Les techniciens à dernière minute en train de d'établir des liens satellites, puis tout ça en attendant l'arrivée des troupes, ce n'est pas facile.

Lcol Bertrand:

Non non exactement, enfin il y a beaucoup beaucoup de gens qui qui se mettent la main à la porte pour pouvoir planifier l'arrivée des troupes. On appelle ça en anglais du "main body", donc le vraiment le groupement principal qui va arriver. Il ya toujours des gens qui vont arriver un petit peu plus tôt pour mettre les conditions en place. Toujours des gens qui vont rester à l'arrière aussi pour s'assurer qu'on a tout ramassé l'équipement, puis qu'on laisse en fait la zone où est-ce qu'on a travaillé dans un meilleur état qu'on l'a trouvé, c'est toujours l'intention.

Capt Orton:

Oui, c'est ça. Donc avec les difficultés qu'on a parlé, certaines de ces choses-là, il y a tout le temps un nexus qui s'applique à des opérations internationales, établir de la communication dans le Nord, c'est probablement également aussi difficile que dans un désert ou dans une jungle ou quelque chose comme ça, mais comment est-ce que l'entraînement est peut-être différent pour des opérations domestiques nationaux que des opérations de combat.

Lcol Bertrand:

En fait, je dirais qu'il n'est pas tellement différent parce que ce qui te fait notre force en termes de troupes, c'est notre flexibilité, c'est notre rapidité à se déployer. C'est notre façon de réagir face à l'adversité, notre manière de planifier aussi qui fait de nous un employé de choix pour des situations qui sont complètement chaotiques. Donc je dirais que notre entraînement au niveau international pour les opérations internationales fait en sorte qu'on est en mesure de répondre à ces situations-là qui ne sont pas nécessairement planifiées, qui sont complètement hors de notre contrôle. Personne n'aurait pu planifier ou penser à comment réagir avec le support qu'on a donné pendant la pandémie. Mais c'est quand même nos troupes qui ont été capables d'être déployées très rapidement.

Lcol Bertrand:

Puis dire ok, bon, c'est ça qu'on a besoin de faire. Donc, on est quand même très bon envers la planification, même si des fois, ce n'est pas exactement l'état final qu'on voulait atteindre ou ce n'est pas qu'est-ce qu'on avait espéré, mais on est capable aussi de réagir, puis on est capable d'adapter notre plan pour la situation. Donc l'entraînement qu'on a fait, que ce soit au niveau d'aller patrouiller à travers une ville qui a été un petit peu affectée par une inondation ou par un feu, bien là, on est nous autres de prendre en note les choses qu'on a besoin de rapporter à la chaîne de commandement. Puis après ça, on est capable de travailler avec la sécurité publique pour dire, voici ce que j'ai observé dans telle ville, donc cet entraînement-là est bénéfique.

Capt Orton:

Puis vraiment comme dans les opérations de combat, on utilise des soldats comme un système de détection dans le sens que ils rapportent l'information au centre de commandement, puis ces choses-là peuvent être actionnées par peu importe c'est qui, que ça soit des pompiers ou des ingénieurs, ils sont capables de capter cette information-là, distribuer, puis c'est dans plusieurs sens, une patrouille, c'est une patrouille. Dans les opérations de combat, c'est sûr qu'il y a plus de risques d'avoir du combat, dans le fond, c'est la même fonction, on se promène, on capte l'information, puis on le transmet aux personnes qui en ont besoin.

Lcol Bertrand:

Puis nos troupes sont très bien entraînées pour ces choses-là, puis sont très bien entraînées aussi pour, je dirais que peut-être l'entraînement spécifique qu'on a besoin de faire pour les opérations domestiques, c'est peut-être plus au niveau lorsque c'est en lien avec des feux de forêt. Parce que là, ça prend un petit peu plus de technicité qu'on ne voit pas nécessairement sur un terrain opérationnel à l'étranger. Ou est-ce que là, on va avoir une formation d'environ deux jours qui est bonne pour 3 ans, puis qui va nous aider évidemment à être dans cette situation-là où est-ce que l'on parle des feux qui devient une menace en fait pour nos troupes qui sont sur le terrain. Mais autre que ça, comme vous l'avez dit, notre entraînement, le fait qu'on est en forme, le fait qu'on est bon aussi à mettre en place un plan, mettre en exécution un plan, puis d'aller, de comprendre c'est quoi l'effet qu'on recherche. Nos troubles sont capables de partir de façon indépendante, de dire voici ce que j'ai observé, voici ce qu'on a besoin.

Lcol Bertrand:

Moi je recommanderais qu'on fasse telle chose, donc là ça continue notre support qu'on peut donner à la province.

Capt Orton:

Puis en plus un petit peu de dureté du mental dans le sens que, on capable de vivre dans des conditions des fois difficiles ou moins plaisantes.

Lcol Bertrand:

Absolument, tu sais je vous redonne l'exemple des Territoires du Nord-Ouest, les troupes qui sont arrivés là avaient juste leur sac à dos, donc ils sont restés là à peu près trois jours, ce n'est pas quatre sans avoir de ravitaillement, ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça.

Capt Orton:

Ça prend une certaine expérience pour pouvoir endurer.

Lcol Bertrand:

Absolument.

Capt Orton:

C'est sûr qu'il y a beaucoup de petits morceaux qui viennent en jeu, on a parlé d'interagir avec la force aérienne, et caetera, mais même à l'intérieur de l'Armée, tu sais on a notre Force régulière, que c'est des unités un peu plus larges, un peu plus centralisées à temps plein qui sont déployables, tu sais même les unités d'intervention immédiate qui sont là, qui sont préparées. En plus, on a la Réserve, c'est plus à temps partiel, c'est des unités peut-être un peu plus petits, mais elles sont localisées dans les communautés éparpillées un peu partout, puis là on a les Rangers canadiens qui sont dans des communautés isolées, qui ont des connaissances locales très spécialisées. Comment est-ce qu'on prend tous ces morceaux-là puis on les emmène en jeu pour supporter des activités domestiques

Lcol Bertrand:

En fait, tout se fait un petit peu de par soi-même quand on reçoit les demandes d'assistance dépendamment de où est-ce que ça se passe et dépendamment aussi de ce qu'on a besoin de faire. Donc du nombre de personnes qu'on a besoin de déployer ou des tâches qu'on a besoin d'accomplir. C'est là qu'on va aller chercher nos aptitudes qui sont spécifiques à tous et chacun. La beauté avec la Force régulière évidemment, c'est qu'elle est toujours disponible. Donc on est vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on est déjà identifié comme une unité qui va se déployer s'il arrive quelque chose.

Lcol Bertrand:

C'est simple, c'est fait, donc c'est sûr qu'il va avoir un impact probablement sur l'entraînement qu'on est en train de faire pour autre chose. Mais normalement, quand les demandes d'assistance durent environ deux à trois semaines, bon, on peut les rattraper. La beauté aussi d'avoir nos forces de réserve, comme vous l'avez mentionné, sont peut-être un peu plus petites, mais sont éparpillées un peu partout. Et ce qui arrive souvent, c'est quand une tâche arrive dans une communauté spécifique, les gens, ils veulent supporter leur propre communauté. Donc là, la force de la réserve devient vraiment un amplificateur ou un accélérateur ou est-ce qu'ils veulent supporter leur communauté.

Lcol Bertrand:

On est capable de leur donner des contrats pour la durée de la demande d'assistance. Plus de toute façon, dépendamment de la situation, il y a de fortes chances que leur travail soit mis sur pause de toute façon, leur travail civil à ce moment-là. Donc ça nous donne des ressources de plus. Donc c'est quelque chose vraiment à capitaliser puis à prendre un avantage. Puis au niveau des Rangers qu'on a un petit peu plus dans les régions isolées, mais comme vous l'avez mentionné, si on a des demandes d'assistance pour aider à l'évacuation des personnes qui sont sont prises en quelque part, ça peut être un écrasement d'un petit avion, il faut aller les rechercher.

Lcol Bertrand:

Eux connaissent vraiment le terrain, connaissent beaucoup beaucoup les communautés autour, donc on va donner une grande aide à à ce moment-là.

Capt Orton:

Vous avez fait mention un petit peu au début aussi, mais l'Armée comme telle a des ressources, ne sont pas infini, puis c'est sûr que quand des soldats sont employés à, combat des feux de forêt, des inondations, et caetera, Ces personnes-là ne sont pas disponibles pour des opérations internationaux, des opérations de combat ou peu importe qu'est-ce qu'on est en train de faire dans l'instant. Comment est-ce qu'on est en train de gérer ce problème-là?

Lcol Bertrand:

Mais ça, c'est une excellente question parce qu'on ne le cachera pas à personne, on est tous en en période de recrutement, on a besoin de plus de gens parce qu'on a beaucoup beaucoup de différentes tâches à remplir. Dans les prochaines années, on va voir aussi que ça va augmenter au niveau de demande à l'international. Donc ça, ça va être une demande aussi qui va revenir où est-ce que ça va demander beaucoup de gens par année. Pour faire ça, ça prend un entraînement, ça prend des gens qui sont disponibles et ça fait partie de nos mandats au niveau de l'armée. Ceci étant dit, mais il faut quand même qu'on soit en mesure de répondre à la demande s'il y a un événement qui se passe.

Lcol Bertrand:

Il n'y a pas personne qui va être le commandant de division qui laisse sa main, moi je ne peux pas, je ne suis pas capable d'aider, je n'ai plus assez de gens. Donc il y a vraiment une grosse planification qui est faite à chaque année pour s'assurer qu'on a les troupes disponibles autant pour aller faire les opérations internationales, faire l'entraînement pour la prochaine opération et aussi avoir des gens qui sont disponibles pour répondre à n'importe quelle éventualité qui pourrait arriver. On a fait quelques petites calculs, on a ressorti des datas sur les dernières années et on a remarqué qu'entre 2010 et 2015, on roulait à peu près à 2.25 demandes d'assistance par année. Tout est partout à travers toutes les divisions. Depuis 2017 cependant jusqu'à cette année qui était une année très demandante au niveau des opérations domestiques, on est passé à 5.8.

Lcol Bertrand:

Donc on augmente vraiment beaucoup en termes de fréquence, de durée et de nombre de troubles qui sont déployés par année. Et ça reste quand même quelque chose qui est un peu imprévisible. Tout dépend, on parle surtout de naturelles ici ou d'impact de l'environnement. Donc tout dépend de qu'est-ce qui va se passer. Donc on est en processus de voir nos options, comment on va pouvoir répondre à toute la demande.

Lcol Bertrand:

Il y a des différentes solutions qu'on essaye d'envisager pour s'assurer qu'on va toujours avoir des troupes qui sont disponibles. Mais c'est une belle gymnastique mentale pour s'assurer qu'on les a à portée de main, puis que ça ne soit pas l'Armée canadienne qui dit je ne suis pas capable de fournir. On va toujours aider notre communauté.

Capt Orton:

Est-ce qu'il y a des tâches en particulier qui arriveraient peut-être que on dirait non, ce n'est pas le genre de choses qu'on fait

Lcol Bertrand:

Absolument, comme je vous l'ai dit, on a toujours des officiers de liaison qui sont au niveau provincial puis qui vont aider pour finir la demande d'assistance. Parce qu'il y a des choses qu'on n'offre pas. On n'offre jamais de contrôle type policier sur notre propre population. Donc ça, ce n'est pas notre business. On laisse ça aux policiers justement puis que ce soit local ou national, mais ça ne sera pas quelque chose que les forces vont faire.

Lcol Bertrand:

Donc je donne un autre exemple, la première demande d'assistance qu'on a eu au début de l'année, c'est-à-dire encore une fois britannique ont été très occupés cette année en fait parce qu'ils devaient évacuer une ville, il y avait un peu une crainte qu'il y ait bon des conflits avec les gens qui devaient être déplacés, qui avaient peut-être du vol, qui allaient se faire, qui allaient peut-être avoir un petit peu de brasse camarades comme on dit et dans la demande d'assistance, ils demandaient à ce que les Forces Armées Canadiennes imposent l'ordre, on a dit on ne peut pas faire ça. Donc ça, c'est quelque chose qui a été enlevé de la demande d'assistance parce que c'est quelque chose qu'on ne peut pas faire.

Capt Orton:

Avec la demande qui augmente pour du soutien à l'interne pour des opérations domestiques, aussi qu'on voit de l'avant pour s'assurer qu'on est là pour répondre à ces besoins-là en même temps qu'on a nos obligations internationales.

Lcol Bertrand:

Enfin comme je l'ai dit, c'est sûr que ça demande beaucoup de planification à chaque année. En fait chaque division est responsable d'avoir des troupes qui sont prêts à réagir aux demandes d'assistance et ça c'est à travers l'année. Même si nos demandes d'assistance arrivent le fréquemment de avril à octobre, je vous dirais, c'est à travers l'année, on a toujours des unités qui sont des unités d'intervention immédiate et toutes les divisions ont ces unités-là qui sont identifiées pour répondre à cette demande-là. On a touché un peu, nos opérations internationales vont continuer à augmenter, nos tâches continuent à augmenter, donc toutes nos tâches que nous on a besoin de faire en termes des Forces armées canadiennes, continuent à se développer et à augmenter. Donc nos troupes diminuent un peu en chiffres, donc on est en intense campagne de recrutement. Donc qu'est-ce qu'on peut faire pour s'assurer qu'on a on est des troupes disponibles.

Lcol Bertrand:

On est en train de regarder des options, est-ce que ça soit d'avoir une des contrats pour notre force de réserve justement qui est locale, qui est prêt à intervenir pour une question d'un année au complet ou peut-être un six mois, c'est des choses qu'on est en train de regarder. Mais il faut que ça soit discuté évidemment, c'est très préliminaire, que ça soit discuté avec d'autres d'autres paliers dans l'organisation parce qu'on parle soit de ressources, d'argent qu'on ne contrôle pas nécessairement au niveau de l'Armée. Mais c'est des options qu'on regarde. Ça peut être aussi une force qui est identifiée dans une province qui va desservir tout le pays pendant un an par exemple. Ça pourrait être ça encore une fois, mais il faut que ça soit discuté à plusieurs niveaux parce que je ne contrôle pas les avions.

Lcol Bertrand:

Je ne contrôle pas non plus toutes les ressources. Donc c'est sûr que c'est un effort au niveau des Forces armées canadiennes. Mais c'est un, sans dire un problème, c'est une considération qu'on est en train de regarder parce qu'on voit un point de friction qui va arriver. Je l'ai dit ça augmente par année le nombre de demandes d'assistance qu'on reçoit, donc on veut s'assurer de ne pas arriver à un point où est-ce qu'on va dire je ne suis plus capable. Donc c'est ce qu'on est en train de faire pour essayer de développer des options.

Capt Orton:

J'ai hâte de voir comment que ça va tourner.

Lcol Bertrand:

Ben moi aussi puis on, peut-être qu'on en reparlera encore une fois.

Capt Orton:

Oui peut-être! Ok merci beaucoup d'avoir assisté au Balado, c'est bien apprécié.

Lcol Bertrand:

Merci puis ça me fait plaisir.

Capt Orton:

Ça c'était la lieutenant-coloniale Geneviève Bertrand du quartier général de l'Armée canadienne à Ottawa et moi je suis capitaine Adam Orton avec le Balado de l'Armée canadienne. Prenez soin de vous!

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de la Défense nationale, 2024