Sur la ligne de front de la COVID-19 (S1 É3)

Sur la ligne de front de la COVID-19 (S1 É3)

Le sergent Brigitte O’Driscoll, du Royal Montreal Regiment, parle de son expérience comme cmdtA d’une équipe travaillant dans un centre de soins de longue durée de Montréal.

[Musique commence]

Sergent Brigitte O’Driscoll : L'Armée et à eu dans le fond. Donc c’est important qu'en soit la pour eux.

Lieutenant Adam Orton : Salut! Ici lieutenant Adam Orton pour Le balado de l'Armée canadienne. Sur cet épisode, on parle aux soldats impliqués directement dans la lutte contre la COVID-19. Sergent Brigitte O’Driscoll est un membre des Forces armées canadiennes depuis 2013. Elle s’est joint au Royal Montreal Regiment y a 7 ans, comme réserviste dans l'infanterie. Et elle sert comme mitrailleuse de sabord avec la 438e escadron tactique d'hélicoptère pour la dernière année et demi. Pour les trois dernières semaines elle ne travaille pas à son emploi habituel comme pompier avec les services d'incendies d’Hudson. À la place, elle travaille avec une équipe de soldats dans une des centres d'hébergement et de soins de longue durée à Montréal. Sergent O’Driscoll est un de plus que mille soldats déployés sous le cadre d'opération LASER au Québec. On la rejoint via la magie de l’Internet à Montréal. Salut Sergent.

Sergent Brigitte O’Driscoll : Salut, ça va bien?

Lieutenant Adam Orton : Oui ça va très bien, et vous?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Bien oui, merci de m'avoir sur votre émission.

Lieutenant Adam Orton : Oui parfait. Pour commencer ça prend toute place dans le cadre de l'opération LASER. Est-ce que vous pouvez nous expliquer c'est quoi opération LASER, puis qu'est-ce que vous faites là en ce moment?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Donc l'opération LASER ça a été la réponse des Forces armées canadiennes à la pandémie de COVID-19. Ça a été de mettre plusieurs soldats sur ‘standby’ au cas où le gouvernement ait besoin de peu importe. C’est sûr que la plupart d'entre nous au début, surtout au Québec, on pensait que l'opération LASER allait être une autre opération LENTUS, parce que ça commençait pas mal dans les environs où les inondations commencent chaque année. Donc en 2017, en 2019, l'opération LENTUS, ça a été pour aider avec les inondations. Mais le temps a passé, puis on a réalisé qu'il n'allait pas y avoir d’inondations, une chance, heureusement. Puis rapidement, quand la situation dans les CHSLD, les centres hospitaliers de soins de longue durée au Québec est sortie au public, puis on a vu les conditions qu'il y avait dans ces centres-là, on a rapidement réalisé que s’allait probablement être la mission qu’on allait accomplir, puis en effet, fin avril, on a été déployé dans les CHSLD pour aider les civils là-bas. Puis aider comme on pouvait dans les centres.

Lieutenant Adam Orton : Puis maintenant que vous êtes là, qu'est-ce que ça a l’air vos tâches? Qu'est-ce que vous faites dans une journée habituelle?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Donc, notre peloton est divisé en trois. On travaille les jours, les nuits et les soirs. Donc le ‘shift’ de jour, c'est de 7 heures à 3 heures l'après-midi, les ‘shifts’ de nuit c’est de 3 heures à 11 heures le soir. Et après ça, les ‘shifts’ de nuit, c'est 11 heures à 7 heures le matin. On est appelé à faire plusieurs tâches différentes dont le nettoyage des centres, des corridors, des chambres, des résidents, l'inventaire de l'équipement médical, distribution de l'équipement médical sur les différents étages. Puis après ça, on a des équipes assignées aux soins des résidents, donc tout ce qui les nourrit, les déplacer pendant la nuit pour pas qu’ils aient des plaies de lit, veiller à leur bien être. Donc, vraiment, il y a une diversité de tâches qu'on est appelé à accomplir, puis chaque jour c’est différent.

Lieutenant Adam Orton : Oui puis ça a l’air d’être une situation qui est habituellement les soldats et on est pas entraînés pour faire des choses comme ça. Est ce que vous avez reçu un entraînement particulier pour vous préparer à ces tâches-là?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Oui, donc ça a commencé avec l'entraînement en ligne quand on était encore chez nous, sur DND Learn. Surtout l'entraînement sur l'équipement de protection individuelle, donc le P.I., comment le porter, comment l'enlever. Les mesures qu’avait prises l'Armée canadienne pour la protection de la force. Donc, la distanciation de rester chez soi en l'isolement. Et après ça, ça a été deux jours en personne. Donc la première journée à Saint-Jean. Ça a été des formations données par des militaires sur la résilience mentale pour qu'on se prépare un petit peu à la réalité, qu'on pourrait faire face dans les centres, qu'on soit prêt mentalement pour ça. Il y a eu des leçons sur la base de prendre soin des résidents, donc plusieurs choses qu'on ne pense pas quand on pense aux résidents, comme comment les déplacer, les défis qui a à prendre soin de ces personnes-là. Donc leur peau, pas comme nous, est très fragile, donc les plaies de lit c'est quelque chose qui est très commun avec ces personnes-là. Comment s’en prendre soin, comment s'assurer que ça ne se passe pas, comment les nourrir. Leur nourriture n'est pas comme la nôtre, nécessairement, donc comment s'assurer qu’ils ont la bonne nourriture, les bons repas. Donc vraiment la base. Puis, la deuxième journée, ça a été avec la Croix-Rouge donc du personnel civil qui nous ont donné la formation plus approfondie sur comment prendre soin de ces personnes-là.

Lieutenant Adam Orton : Donc les militaires, on est habitué à s'adapter à des situations qui ne sont pas notre environnement habituel. Comment est-ce que les soldats se sont adaptés à cet environnement-là? Puis qu’est-ce que ça a l’air le moral en ce moment? Est-ce que le monde est de bonne humeur?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Oui, c’est sûr que ça n'a pas été très facile dès le début. Surtout d'un point de vue du leadership pour moi-même. Juste adapter toutes les façons de faire mon travail en tant que commandante adjointe de peloton. Tu sais les gars sont dans leur chambre, je ne peux pas appeler une réunion où tout est réuni pour passer des points. Il faut que je trouve des manières de s'assurer que les gars y vont bien, qu’ils ont l'information dont ils ont besoin. Puis tout ça quand tout le monde est isolé dans leur chambre d'hôtel quand on n'est pas au travail. Tout le monde est divisé en différents shifts. Il y a des gens que je vois pas souvent pendant quelques jours. Donc c’est sûr que pour le leadership du peloton, ça a été un défi. Mais les gars ils vont bien. Tu sais, dans l'armée, on est très bons à mettre la mission en premier. Donc l’accomplissement de la la mission, c’est ce qui vient avant tout. Donc, les gars se sont vraiment investis dans la mission. Ils sont fiers d’aider, ils sont contents d’aider. Ils voient qu’ils font une différence. Donc ça pour le morale, c’est super bon pour les gars-là.

Lieutenant Adam Orton : Bien, c’est bien d'entendre que les troupes sont de bonne humeur. Pourquoi est-ce que c'est important pour l'Armée de s'impliquer dans les CHSLD?

Sergent Brigitte O’Driscoll : C'est important parce que c’est ces gens-là qui ont bâti notre société. Donc, peu importe quel type de Canadien, l'Armée est a eu dans le fond. On est là pour servir tous les Canadiens, peu importe leur âge, peu importe leur sexe, peu importe la race. Donc que ces gens-là, peu importe l'état dans lequel ils sont, c'est important qu'on soit là pour eux. Si c'est gratifiant de voir le travail qu’on fait, de leur donner un peu d'empathie, puis de dignité dans ces centres là où souvent les travailleurs civils, il avaient de la misère à rattraper avec le travail qui avait à faire dû à un manque de personnel, dû à un manque d'équipement. Donc de pouvoir rentrer là dans un temps de crise dans ces centres-là où les choses allaient vraiment pas bien, c'est notre travail. On est là pour servir les Canadiens, puis c'est là qu’ils nous ont besoin. Ça fait que c'est là qu'on va aller.

Lieutenant Adam Orton : Vous avez mentionné tantôt que vous étiez commandante adjointe d'un peloton. Pour les gens qui ne savent pas vraiment c'est quoi ça, qu’est-ce que ça a l’air? Vous avez combien de soldats avec qui vous travaillez en ce moment?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Donc de mon unité, des fantassins, on est 25. En plus de ça, on a 7 membres de l'équipe médicale qui viennent de Borden et d'Ottawa surtout pour notre groupe. Ce ne sont pas nécessairement tous des ‘medtech’, donc y'a un dentiste avec nous et un physiothérapeute. Donc, c'est un petit peu des gens du milieu médical de partout au Canada. Donc 33 au total pour notre peloton.

Lieutenant Adam Orton : Donc, vous avez vraiment une équipe diverse, c’est du monde d'un petit peu partout quand même. Surtout quand vous avez fait mention de l'équipe médicale. Avec tout ça est-ce que vous avez des moments en particulier qui vous viennent à l'esprit, juste des bons moments spécial de qu'est-ce que vous avez vécu jusqu'à en ce moment?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Juste en général, à chaque matin, quand on entre-là, le personnel civil est tellement content de nous voir arriver. Ils nous remercient tout au long de la journée. C'est rassurant pour eux de voir qui se font aider. Il y a beaucoup de ces gens-là que ça fait des mois qu'il travaillent d'arrache pied pour essayer d'améliorer la situation dans ces centres-là. Donc, c'est un soulagement pour eux de voir quand on rentre-là, quand on essaie de les aider autant que possible. Que ce soit sortir des poubelles ou quoi que ce soit, juste de pouvoir leur offrir le support qu’ils ont de besoin, c'est super gratifiant. Puis ils sont très reconnaissants. Ils nous le disent chaque jour, merci d’être venu. Tu sais, ça fait une grosse différence, puis on voit la différence qu'on fait aussi, donc c’est gratifiant. Juste l'impact de voir qu’on fait une différence c’est super bon.

Lieutenant Adam Orton : Avec tout ça, où est-ce que vous vivez en ce moment?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Donc, bien pour le moment, pour le temps de l'opération, on est logé à l'hôtel au Centre-Ville de Montréal. Donc, si on est pas sur nos ‘shifts’ au CHSLD, on est dans nos chambres d'hôtel, essayer de passer le temps comme on peut. C'est assez spécial comme mission, mais en même temps, quand on part en mission que ça soit à l'étranger, ou quoi que ce soit, on ne retournera pas chez nous. Donc c'est un peu similaire pour cette mission-là. On retourne dans une chambre d'hôtel jusqu’à temps que vienne l’heure de notre prochain ‘shift’.

Lieutenant Adam Orton : Puis vous êtes là depuis quand?

Sergent Brigitte O’Driscoll : On a déployé dans le centre le 11 mai. Puis on est, on va être là jusqu'à tant que le gouvernement décide que c'est le temps qu'on parte ou qu’on a fait le travail qu'on a à faire. Mais on est prêt à aider jusqu'à temps que ça soit nécessaire.

Lieutenant Adam Orton : C’est ça que c’est la vie militaire, hein?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Oui exact.

Lieutenant Adam Orton : Est-ce que vous voulez faire mention de quelqu'un pendant qu’on se parle?

Sergent Brigitte O’Driscoll : Oui, je vais dire salut à ma famille qui est à la maison, à mes frères, puis aussi au service d’incendie Hudson qui ont été super accueillant, super ouvert de me laisser partir pour deux mois, donc mon emploi civil pour venir aider sur cette tâche-ci.

[Musique Commence]

Lieutenant Orton: Bien c'est parfait. Merci beaucoup. On était avec sergent Brigitte O’Driscoll. Faites attention à vous.

Sergent Brigitte O’Driscoll : Merci à vous.

Lieutenant Adam Orton : Et vous êtes avec Le balado de l'Armée canadienne. N'oubliez pas de vous abonner et de vous inscrire sur nos médias sociaux de l'Armée canadienne - Facebook, Twitter, Instagram, et YouTube. Puis on se revoit bientôt.

[Music Termine]

© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par la ministre de la Défense nationale, 2024